Montréalaise née en
1963, la chanteuse de
disco France
Joli est un des nombreux artistes de
Prelude qui a accumulé les hits de
discothèque. Elle a été découverte et
produite par Tony Green, spécialiste des chanteurs
adolescents qui a découvert en même temps Freddie
James, le fils de Geraldine Hunt.
France Joli lance son premier album
à la fin de l'été 1979 :
France Joli (n°26). Le premier 45 tours qui en est
tiré, «Come to me» est un
succès : n°1 disco, n°36 R&B et n°15
pop (septembre). Cette chanson est un imparable tube de
discothèque de 132,9 pulsations par minutes qui fait de son
interprète la plus jeune n°1 des listes de vente aux
États-Unis. Le second 45 tours de l'album est encore
meilleur : il s'agit de l'excellentissime «Don't stop
dancing». Les faces 2 des simples, «Let go» et
«Playboy» sont dans le même genre. On
découvre une chanteuse à la voix puissante et
à la maturité étonnante pour son âge,
sur fond de boum boum tout aussi puissant et efficace. Comme la
majeure partie des disques du label Prelude, il est d'abord
pensé pour les discothèques . De plus cet album
est aussi disponible dans un double album pour les d.j. (en fait
les deux 12" pour discothèques avec une chanson par
face).
Pour faire face à cet énorme succès, France
Joli fait de nombreuses apparitions à la
télévision des États-Unis (Merv Griffin Show,
Dinah Shore, Midnight Special). Elle a aussi fait la
première partie du concert de Peaches & Herb à Las Vegas.
En 1980, elle réédite
ses succès de discothèque avec Tonight
(n°175) d'où est extrait «The heart to break the
heart» (128 bpm). Cette chanson reprend le canevas de
«Come to me» : intro lente, crescendo, voix qui
reste longtemps sur les notes, et pont en duo avec un homme. Cette
chanson est n°3 disco en août tout comme sa face 2
«Feel like dancing» (116 bpm). Dans ce disque, France
Joli s'oriente aussi vers la ballade avec les bons «This
time» (le premier 45 tours), «When love hurts
inside» et le moins heureux «Tonight». Le reste
du disque est du funk, mais plus poussif et moins réussi que
les deux hits, comme «Tough luck» et «Stoned in
love». Il n'empêche que sa voix reste superbe et que
France Joli est en pleine possession de ses moyens, alors qu'elle
est toujours très jeune.
À l'été 1981
elle lance «Gonna get over you»,
son premier 12" single qui n'est plus limité qu'aux
seuls d.j. -et le premier 12" de Prelude avec une photo sur la
pochette. Cet excellent titre funk de 110 bpm, réalisé par William Anderson et Raymond
Reid de Crown Heights Affair, est n°2 disco. Il contient
une version longue de 7:15 et une version senza voce de 6:30.
Début 1982, elle lance
l'album,
intitulé Now !. C'est un
très bon album, peut-être son meilleur, avec un autre
petit frère de «Come to me», intitulé
«Can we fall in love again». Il sera d'ailleurs
édité en 12" single comme face 2 de «Your good
lovin'» (les deux en version album, n°53 dance); c'est le
seul titre de l'album réalisé par Darryl Payne et surtout Eric
Matthew (qui a son actif des succès pour Gary's Gang et
Sinammon). Ces réalisateurs artistiques
profitent d'ailleurs à d'autres chanteurs de Prelude :
Anderson / Reid pour Unlimited Touch et Empress, Matthew / Payne
pour Sharon Redd et Secret Weapon. Le reste de l'album oscille
entre le très bon funk à l'image des titres
précédents («I wanna take a chance on
love» de 108 bpm et «I need someone»), et une
variété insipide visant le marché adulte
(«I"m still thinking of you», «Now» et
«Everlasting love"). «Gonna get over you»
connaîtra une version en espagnol «Te
olvidaré» de 7:15.
En 1982 toujours elle fait la première partie du concert
des Commodores au Radio
City Music Hall de New York. Puis elle quitte
Prelude, qui vit ses dernières années, et
signe un contrat chez Epic.
La suite de la carrière de la chanteuse chez Epic est
plus ambiguë et moins enthousiasmante : elle commettra
deux albums de funk-rock FM moins bien reçus,
Attitude (1983), réalisé par Pete Bellotte,
et Witch of love (1985), réalisé par George
Duke.
Du premier album, sorti fin août
1983, ne se détachent guère que la reprise de
«Standing in the shadows of love» avec les Pips aux
chœurs et «Nasty love». La sortie de
l’album avait été précédée
de celle du simple «Girl in the 80's». Sur le 12" on
trouve une version rallongée d'une minute (4:40) en face 1
et la version album en face 2. Le second simple est
«Blue-eyed technology». Le 12" propose un remix long
(6:10) et la version 45 tours (3:15). «Girl in the
80's» /«Standing in the shadows of love» se
classent n°46 dance en novembre et «Blue-eyed
technology» n°61 dance en janvier 1984.
Du second album seul se détache le très bon
simple, «Does he dance». Il a d'ailleurs
été remixé en version longue par Shep Pettibone
(en version 6:20 avec un dub de 5:30 en face 2) et s'est
classé n°40 dance.
Comme toutes les stars du disco, France
Joli a eu du mal avec la musique des années 80, et ce
malgré la grande qualité de Now !, des
réalisateurs artistiques d'envergure chez Epic (Giorgio Moroder
est même le producteur exécutif du premier) et un
co-imprésario faisant partie de Weisner-DeMann, qui
s'occupaient aussi de la carrière de Michael Jackson
ou Madonna (l'autre co-imprésario de France Joli est
sa mère, Michelle Joli). D'autres chanteurs comme Donna
Summer, Linda
Clifford, Chic, Gloria
Gaynor, Amii Stewart
ou Sylvester sont aussi
dans ce cas et, comme elle, ne dépassent pas le hit
occasionnel dans les années 80. L'erreur d'Epic a aussi
été de l'orienter vers une variété plus
rock, à un moment où la dance-music s'enrichissait de
nouvelles formes comme le break ou la house. De plus la
popularité de France Joli était très
nord-américaine (Canada, États-Unis, Mexique). Si les
disques Prelude sont bien distribués en Europe, ses disques
Epic ne sont pas disponibles. Elle n'a donc pas pu se reporter sur
un marché européen souvent plus fidèle que le
marché nord-américain, comme l'ont fait Tina
Turner, Diana Ross
ou Amii
Stewart.
En 1988, sur la compilation Prelude
mastermixes, on trouve un remix de «Gonna get over
you» (7:10) et un autre de «I wanna take a chance on
love» (7:15). Ces versions légèrement
remixées avaient été accompagnées d'une
autre, un remix de la version longue de «Gonna get over
you» (6:35), amputée de son intro, disponible sur la
compilation Dancin' memories.
En
1989 Unidisc sort une compilation intitulée
Greatest hits. On y retrouve les chansons dans leurs
versions longues de l'album («Come to me», «Let
go» rebaptisée «Don't let go», «Feel
like dancing», «I wanna take a chance on love»,
«I’m still thinking of you», «I need
someone» et «Everlasting love»), les remixes
longs de «The heart to break the heart» et «Gonna
get over you» et en prime «Te
olvidaré».
Fin 1992-début 1993
sortent quatre remixes de «Come to me» chez Unidisc,
deux néo-classiques et deux house, disponibles avec la
version originale longue sur un simple Unidisc : le
«Classy 70's disco remix», le «Classic mix»
(le plus réussi, synthèse des années 70 et
90), le «Techno dub mix» et le «Vibe mix».
Le premier et le dernier sont dus à Ivan Pavlin et Gino
Olivieri tandis que les deux autres sont de Robert Matichak.
En 1996 France
Joli fait un formidable retour sur le devant de la scène
chez Popular records avec un excellent titre de musique de danse,
«Touch», où elle retrouve Tony Green à la
réalisation artistique. Ce titre, un autre enfant naturel de
«Come to me», d'ailleurs remixé cette même
année, est disponible en six remixes sur le simple cd dont
le très bon «Ocean drive house mix».
«Touch» est aussi proposé en deux vinyls, qui
diffèrent dans le choix des mixes. La chanson se classe
n°24 dance en janvier 1997.
En 1997 elle sort l'excellent
«Breakaway» dans la même veine. Le second cd
simple de «Breakaway» propose aussi deux remixes de
«Touch». Parmi les remixeurs, on trouve Junior Vasquez
pour les deux chansons. Ces titres, originellement chez Popular
records, sont suivis d'un album If you love me,
distribué uniquement au Canada par le label Koch (1998),
Popular ayant fait faillite. Cet album est dans son ensemble assez
mauvais. On a droit à un ensemble de clichés qui
fonctionnent à vide, aussi bien dans les paroles que dans la
musique. France Joli participe un peu à
l’écriture et un peu aux arrangements. Les deux
simples sont les deux seules chansons sauvables de ce retour
malheureusement raté
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